La Mort est venue de la Mer
Alors que l'espérance réunissait les coeurs
En cette nuit de Noël, au seuil de l'hiver,
Et que le vent d'ouest martelant ses fureurs
D'un tempo diabolique, rendait folle la Mer,
Alors que les oiseaux confiants dans l'avenir
S'abritaient par milliers dans les creux du rivage,
Un bateau de fortune, un semblant de navire,
Vomissait à l'envi son écoeurant breuvage.
Alors, sans crier gare, par lames successives,
La Mort est venue de la Mer. Elle accomplit
Son criminel ouvrage en atteignant la rive.
Alors des vagues de deuil ont recouvert la Vie.
Capitaine misérable de marins résignés,
Pour quelques billets verts, salaire de l'esclavage,
Tu n'es pas le coupable que voudraient désigner
Les négriers sans loi de ton pauvre équipage.
Tu enrichis encore les maîtres de la terre,
Dont le cynisme froid, la sotte incompétence,
Ont laissé dans mon coeur le chagrin et l'amer
Et souillé à jamais mes souvenirs d'enfance.
J'ai écrit ces vers suite au naufrage de l'Erika . La rage au coeur. Il y a 10 ans presque jour pour jour.
En ce moment même se déroule le procès en appel . Les indemnisations qui seront versées seront dérisoires au regard du désastre écologique et économique.
Pollueurs de tous les pays, dormez tranquilles !!!




